Zedland est une réécriture moderne et romancée du dictionnaire de la langue vulgaire de Francis Grose (The
1811 Dictionary of the vulgar tongue). Le livre raconte l'histoire d'un homme qui prend de l'âge chaque fois qu'il exerce une violence. Rapidement nonagénaire, complètement sénile, il trouvera
dans sa démence le digne adversaire d'elle-même en se faisant élire maire sur la promesse d'euthanasier les vieux de plus de quatre-vingts ans. De la dérision à la banalisation, de la pression
morale à l'agression physique, parcelle après parcelle, l'auteur examine les rouages qui contribuent, lentement mais sûrement, à devenir Zedlandais.
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Imprimé : 199 pages, 6" x 9", perfect reliure, noir et blanc encre
intérieure.
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Crois ce que tu préfères.
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Le ministère des affaires étranges.
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LIENS :
La petite boutique de Puzzle Texte : http://stores.lulu.com/puzzletexte
Puzzle Texte : http://puzzle.texte.over-blog.org
Par Zedland
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J’ai voté pour un homme que je n’aimais pas au nom de
l’intérêt général. Mais quel con ! C’est un conservateur qui parle d’initiative, un pragmatique consensuel comme on n’en fait plus. Il avait ce ton du bon père de famille d’autrefois et quand il était piqué au vif, il ruait dans les brancards. Il
se présentait comme le dernier rempart du bon sens. Il parlait de la nécessité d’éteindre les rancœurs, du devoir de défendre un intérêt supérieur au sien. Il voulait rétablir le sévice militaire
pour ces petits cons qui vivaient de rapine et fanfaronnaient au lieu de travailler. Il leur apprendrait la mixité sociale et l’ouverture d’esprit. Tout marcherait à la baguette.
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C’est l’histoire d’un mec qui porte sur lui tout ce
qu’il possède. Charles Muffin est vraiment très étonné. Mais comment tu t’es dépatouillé ? Il fallait économiser au lieu de tout dépenser !
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ARTICLE 1. Tout individu ne contribuant pas à l’essor
de la collectivité par la production d’un petit ou, par ses achats, au soutien de la croissance du produit intérieur brut, sera frappé d’indignité. Ses impôts seront réévalués et il lui sera
remis un paquet d’embrouilles pour dégoter un emploi.
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La Triple unité. Le bouquin parlait de prendre
des risques. De l’esprit d’entreprise. Il disait qu’être son propre patron, c’était le rêve de tout le monde. Etre son chef. Le chef. Ne rien devoir à personne. S’accomplir. Se révéler. Créer. Il
n’y avait rien de plus beau qu’un artiste. Le prof en parlait sans arrêt à sa meilleure amie. Il ne comprenait pas pourquoi quelqu’un qui gagnait un million était obligé de se cacher. Il trouvait
ça injuste parce que s’il avait travaillé, il méritait ce salaire. Il disait que c’était parce que les gens préféraient les seconds aux premiers. Si quelqu’un voulait travailler plus, c’était son
droit et même une chance pour lui de gagner plus. Naturellement, la réalité était plus compliquée parce qu’il y avait la ville qui bossait et la ville qui bullait. Il y avait ceux qui voulaient et ne pouvaient pas et ceux qui pouvaient et ne voulaient pas. Ils profitaient bien du système, ceux-là. Il y en avait même qui
n’avaient jamais travaillé et vivaient sur le dos des autres. Ils faisaient des gosses et logeaient dans les quartiers chics. Ça non plus ce
n’était pas normal. Et puis y avait encore un élève qui avait mis une pomme de terre dans son pot d’échappement. Et y en a qui trouvent ça
normal !
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Il faut. Les vieux cons n’ont que cette expression à
la bouche. Il faut être présentable, acceptable, respectable, solvable. Ils évitent la contradiction. D’ailleurs, le mot contradictionnable n’existe pas. Avec les vieux cons du comité
pour l’apposition du préfixe in, les vieux cons du front de soutien aux mots qui se terminent par able ont formé la plus intolérable et insupportable bande de vieux cons qui se
puisse imaginer. Ils ourdissent le projet machiavélique de doubler le lexique pour anesthésier la parole et castrer l’imagination. Ils se réunissent en séance plénière et passent au crible les
noms communs pour leur redonner leurs lettres de noblesse. Il faut être précis avec les outils conceptuels sans quoi on peut se faire très mal, qu’ils disent. Il faut réformer la
cinquième édition du dictionnaire, obsolète, pour rendre les mots plus adaptés aux besoins du monde moderne, qu’ils disent encore. Il n’y aura bientôt plus de diables en enfer. Ils seront
tous dans le dico.
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Le propos roulait sur la recette fiscale. Sur la pluie et les
impôts et sur la pluie d’impôts. Le cousin parlait du prix du foncier. De ses travaux d’intérieur et jusque combien il pouvait le déduire de ses impôts. Il disait tout haut ce que tout le monde
pensait tout bas. Gros Muf avait lancé la plus grande offensive fiscale de l’histoire. En plus, l’argent pourrissait tout. Il vivrait sans s’il pouvait seulement il fallait gagner son pain. Et
puis il avait eu une claque d’électricité. Et puis plus rien n’allait. Et il n’y avait plus de loi. Bientôt, ils nous mettraient sous séquestre. Et c’est kiki trinque à chaque fois ? Ben
c'est Bibi ! C'est pas à moi qu'il faut dire ça, renchérit mon beauf avec un air dépité. Il a fini par lâcher, sur le ton de la condifence Les classes moyennes, suer et chanter, merci
bien. C'est terminé !
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A l’heure où les mamans ont fini de changer les langes des
bambins et font une promenade pour acheter Maman magazine et trouver une idée de repas pour leur homme qui se tue au boulot pour leur bonheur insignifiant, une vague brune d’un mètre de
hauteur déferla sur la plage, balayant tout sur son passage, semant sable et désarroi sur la digue, emportant les parasols, les coin-coin en plastique et même les petites cahutes pour changer de
slibard. Tout était à la baille. La pagaille !
Il y en avait pour des centaines et des centaines de balles de
perte sèche. Peut-être des milliers. La saison était foutue. Foutue ! Le gentil clochard paraplégique de la pâtisserie, d’habitude si doux et enjoué, ôta son foulard et pressa la valve du
synthétiseur vocal qu’il avait en travers de la gorge. Bzz. Et j’étais un honnête travailleur. Et j’avais un business. Et je faisais des cocottes en papier. Et j’avais un apprenti. Et
j’allais entrer en bourse. Mais y avait les charges. Et j’ai ruiné. Et c’est la gauche. Oui ! Sa faute ! Bzz.
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Les Roudoudous, ils viennent exprès chez nous pour faire popo. Et ça, c’est vraiment dégueulasse. Déjà qu’on gagne
des clopinettes, mais si en plus, ils se servent des toilettes sans payer, tintin les marges arrière ! On sera dedans jusqu’au cou ! Le problème avec eux, c’est qu’on sait jamais s’ils
passent ou bien s’ils vont rester. Y en a même qui font popo chez tonton pour se regrouper. Evidemment, il faut une taxe. Mais si on veut vraiment les dissuader d’aller au petit coin, il faut
leur donner des sacs pour qu’ils retournent chez eux avec le popo. Regardez ce sac à Roudoudou. Il y a une poche pour le pipi et une urne pour le popo et le papier. Ils peuvent même faire pipi et
popo ensemble, pour ceux qui savent !
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